Retour accueil

fontsizeup fontsizedown envoyer l'article par mail envoyer par mail

Déclaration préalable à la CAPD du 25 juin 2020

jeudi 25 juin 2020

voir ci dessous

Le SNUipp-FSU a conscience d’assister à l’une des dernières CAPD permettant de défendre réellement les intérêts des collègues. Le dialogue social est ainsi quasiment rompu par la loi de la transformation de la fonction publique adoptée en août 2019. La transparence et l’équité de traitement ne pourront plus par la suite être garanties, puisque les représentants du personnel n’auront plus la possibilité de contrôler les documents ni de défendre les situations. On nous demande désormais une confiance aveugle en l’administration, qui par ailleurs a toujours fait des erreurs et ne s’est pas toujours montrée exemplaire. C’est tout un pan de la démocratie qui disparaît. La participation aux élections professionnelles a été exceptionnelle, ce qui montre bien un attachement des agents à leur représentation auprès de l’administration : pourquoi donc se débarrasser d’un revers de la main d’instances qui ont prouvé leur utilité ?

La reprise du 22 juin s’est encore faite dans la précipitation. Le protocole sanitaire allégé n’a été distribué dans les boîtes mail des écoles que le mercredi soir précédent à 22 heures. Cela ne laissait que deux jours aux écoles pour remettre toutes les tables et le matériel en place et construire une nouvelle organisation avec les élèves et les parents. Les changements à répétitions et les adaptations nécessaires à cette crise sanitaire, il est vrai inédite, sont épuisants pour nos collègues qui doivent s’adapter en permanence à de nouvelles règles et de nouvelles injonctions. Les enseignants sont par ailleurs, les seuls travailleurs à apprendre les changements concernant leur profession via les médias, ce qui est ressenti comme irrespectueux pour les agents de la fonction publique. Les annonces sont faites à l’ensemble de la population et leur mise en place concrète n’est réfléchie que par la suite et dans des délais extrêmement courts. Le SNUipp-FSU salue le courage et la ténacité de nos collègues, qui ont porté cette réforme à la seule force de leurs bras et tient à dénoncer les pressions faites à l’encontre des collègues lorsqu’ils n’ont pas rejoint leur lieu de travail le 11 mai, le 2 juin ou le 22 juin.

La loi Rilhac sur le statut des directeurs et directrices d’école est elle aussi, adoptée de façon très précipitée et à vrai dire très inquiétante. Quelle urgence y avait-il à faire de ces emplois des emplois fonctionnels dont la pérennité va dépendre de leurs performances ? N’est-ce pas là ajouter une pression supplémentaire à des personnels déjà en souffrance en les mettant sur un siège éjectable ? Le suicide de notre collègue Christine Renon en début d’année a marqué toute la profession : la pression exercée sur les personnels est déjà bien suffisante ? Bien que cette loi ait renoncé au statut de supérieur hiérarchique des directeurs et directrices d’école, il n’empêche qu’elle souhaite inclure une dimension managériale à cette fonction. Les « efforts » effectués début 2020 ont disparu pour être remplacés par des demandes à remonter dans le week-end, dans l’heure ou la demi-journée rajoutant une pression supplémentaire à une fonction déjà fortement sollicitée.

Quant au thème de cette CAPD, bien que le SNUipp-FSU se satisfasse de l’augmentation régulière du contingent, frôlant cette année les 17%, le compte n’y est pas encore : les professeurs des écoles n’atteignent toujours pas le même niveau d’enseignants hors classe que le second degré. Le SNUipp-FSU continue de marteler par ailleurs que les avis émis lors de la première campagne, sans aucun entretien, doivent être a minima révisables à la hausse. Les avis « à consolider » sont extrêmement pénalisants pour les collègues et ceux qui se le sont vus attribuer ne peuvent rien faire pour l’améliorer ! Et certains se sont vu attribuer cet avis alors qu’ils étaient en congé maladie ou longue durée ou sortant de postes adaptés, ce qui est proprement inadmissible.

Monsieur le directeur académique, vous augmentez artificiellement le pourcentage d’avis « excellent » et « très satisfaisant », c’est-à-dire que vous modifier les règles du jeu au cours de la partie. Mais la « partie » est la carrière de nos collègues !!!! Nous vous avons déjà parlé de nos 450 collègues ayant un avis « satisfaisant » de la première année du PPCR. Pour revenir sur vos propres propos « L’avis « satisfaisant » était la norme d’une campagne de promotion et plus de 50% des collègues avaient cette appréciation.

Nous avons, à chaque campagne dénoncé la lente mais inexorable dérive de vos propos.

Cette année, nous constatons que sur 240 collègues ayant eu leur 3ème rendez-vous de carrière, 72 ont un avis « excellent » et 107 un avis « très satisfaisant », 59 un avis « satisfaisant » et l’un d’entre eux un avis « à consolider ». Soit 74.5% bien au-dessus de la moyenne (« satisfaisant »). Par conviction, l’avis qui est émis est discutable mais, la réelle méprise que cela engendre de la part de l’administration est à nos yeux, simples commissaires paritaires, mais aussi aux yeux de nos collègues, profondément injuste. Les 450 oublié.e.s, comme ils se nomment subissent un recul au mieux une stagnation dans l’avancement de leur carrière, sans aucune reconnaissance « du mérite, de la manière de servir » cher à notre ministre. Cet état de fait est tout simplement insupportable pour nos collègues et pour l ‘ensemble de la profession. Vous avez réussi à rendre un peu d’énergie aux collègues évalués actuellement en octroyant en nombre les avis « excellent » et « très satisfaisant » (+ 74%).

Mais, vous ne vous rendez pas bien compte des dégâts moraux que cela engendre... Nos 450 oublié.e.s, tous ces enseignants qui ont eu majoritairement un avis satisfaisant sans entretien de carrière, s’en souviennent à chaque campagne de promotion et vont pouvoir encore s’en souvenir longtemps. Il ne s’agit pas uniquement d’une signature en bas d’un parapheur.

Le SNUipp-FSU rappelle enfin qu’il souhaite une progression de carrière identique pour tous, uniquement déterminée par l’ancienneté générale des services. Il est donc opposé à toute progression dite au mérite, l’expérience ayant démontré que celui-ci manque largement d’objectivité. Il est ainsi opposé à l’émission d’avis. Il demande que tous les agents ayant une carrière complète accèdent à l’indice terminal équivalent à celui de la classe exceptionnelle.

Enfin, le SNUipp-FSU vous alerte sur la situation dans les SEGPA : des élèves sont en liste d’attente faute de place et les professeurs des écoles se retrouvent avec un nombre d’heures très élevées. Le SNUipp-FSU vous demande en particulier d’attribuer un poste supplémentaire de PE à la SEGPA du collège Louise Michel à Villeneuve Saint Germain, dont les enseignant.e.s étaient déjà dans une situation très délicate l’an passé.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

SNUipp-FSU 02- 4, rue Proudhon - 02700 Tergnier
- Tél. : 03 23 38 09 84
- mail : snu02@snuipp.fr

Pour nous trouver :


Agrandir le plan