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Coronavirus : le ministre peut nous remercier, mais cela ne masque pas son incompétence !

dimanche 22 mars 2020

Depuis le début de cette crise sanitaire, les enseignant∙es, personnels de l’Éducation Nationale et particulièrement celles et ceux de l’Aisne sont sur le pont. Ils∙elles ne sont pas en première ligne comme les personnels de santé. Mais à leur niveau, les agents du Ministère de l’Éducation Nationale participent aussi très largement à la solidarité nationale.

Petit rappel : nous n’oublions pas les annonces à l’emporte-pièce de notre ministre

  • Jeudi 12 mars vers 16h00, 4 heures seulement avant l’intervention télévisée du président de la république, le ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer affirmait que la fermeture des écoles sur l’ensemble du territoire français n’était pas envisagée. Ce même jour à 20h00, Emmanuel Macron annonçait la fermeture jusqu’à nouvel ordre de l’ensemble des établissements scolaires du pays, de la maternelle à l’université !
  • Le samedi 14 mars, Jean-Michel Blanquer expliquait que « le principe c’est que les adultes sont au travail » et qu’il devait y avoir en moyenne la moitié des enseignants dans les écoles et établissements en permanence ! Dès le 14 mars au soir, il était contredit par le premier ministre, Edouard Philippe, qui annonçait de nouvelles mesures de lutte contre la pandémie reposant sur la distanciation sociale, l’organisation massive du télétravail.
  • Le 15 mars dans la matinée, Jean-Michel Blanquer contredisait ce qu’il avait annoncé la veille et expliquait sur France Info que seuls 10% des enseignants seraient présents dans les écoles et établissements… Ce même jour [15 mars] en fin d’après-midi, Jean-Michel Blanquer revenait de nouveau sur ce qu’il avait dit et expliquait dans une lettre adressée à tous les recteurs que « notre priorité est de garantir la sécurité et la santé des personnels. Les consignes sont donc claires : les déplacements, les réunions, les contacts doivent être limités ; le télétravail doit être prioritairement utilisé (…) La continuité pédagogique est assurée uniquement à distance (…) Lundi, les seuls personnels présents dans les établissements seront donc ceux dont la présence est indispensable ». Ceux-ci ne pourront être que des volontaires.

Monsieur Blanquer, nous ne sommes pas en vacances !

Beaucoup de collègues enseignant∙es se sont engagé∙es dans une forme de « continuité scolaire » pour garder le lien avec les élèves et leurs familles. Nous partageons la vidéo de Stéphane Bonnery, maître de conférences en science de l’éducation à l’Université Paris 8 sur les inégalités scolaires et sociales qui pourraient s’aggraver dans la période. Cela doit nous faire réfléchir en tant que personnels de l’Éducation Nationale. Cela doit continuer d’interroger nos pratiques pédagogiques sans culpabiliser.

Jean-Michel Blanquer affirmait également que l’Éducation Nationale était prête pour la continuité pédagogique…

Dès le lundi 16 mars, l’ensemble des ENT et la plate-forme du CNED étaient inaccessibles tant leurs serveurs étaient sous-dimensionnés !

Rebelotte mercredi 18 mars ! Comme le rapportait l’AFP, « le ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer, a laissé entendre mercredi [18 mars] que le calendrier scolaire pourrait être totalement bouleversé en fonction de l’évolution de l’épidémie de coronavirus (…) Interrogé pour savoir si l’année scolaire pourrait être prolongée et les congés d’été rabotés, il a affirmé que « tout est sur la table ». « Rien n’est impossible », a-t-il dit. »

Ces propos sont honteux. La FSU rappelle à Monsieur Blanquer qu’en ce moment les agent∙es de l’Éducation Nationale sont en activité ! Combien d’heures faudra-t-il, cette fois, pour qu il soit démentit ????

Appel à témoignages

Le SNUipp FSU de l’Aisne vous invite à témoigner au SNUipp FSU Aisne ici de la situation que vous vivez dans votre établissement ou école afin que nous mettions au grand jour l’inconséquence de notre employeur : pression sur le volontariat, manque de matériel, locaux non adaptés, non-implication de la collectivité, difficultés à faire respecter les gestes barrière, etc. Ces témoignages seront anonymés et pourront être publiés.

Ces fautes et manquements graves seront remontés à qui de droit afin d’exiger que les enseignant∙es et personnels volontaires de l’Aisne, fortement impactés par la crise sanitaire actuelle, ne mettent pas en jeu leur santé en rendant ce nécessaire service. Il en va de la pérennité de cette solidarité.

Aujourd’hui encore, alors que bon nombre d’enseignants se portent volontaires pour accueillir dans les écoles et les collèges les enfants des soignants, aucun matériel de protection n’est mis à leur disposition pour assurer la bonne santé de toutes et tous ! Contrairement aux recommandations du médecin conseil du rectorat, il n’y a toujours ni thermomètres, ni masques, ni gants pour protéger les enseignants qui font vivre les valeurs de solidarité avec les personnels des services publiques de santé dans la lutte contre l’épidémie, alors que d’autres professionnels en disposent (police nationale, gendarmerie, salarié∙es des grandes surfaces, etc.) ! C’est inacceptable !

Le SNUipp FSU rappelle

  • son complet désaccord avec la notion avancée par le ministre de continuité pédagogique. Personne n’imagine que nous soyons en situation d’une continuité des apprentissages, d’une possibilité de faire progresser le niveau général et d’éviter un décrochage des élèves en difficultés. Personne n’a d’ailleurs besoin qu’on lui prescrive le nombre de coups de téléphone à passer par semaine.
  • sa demande d’un moratoire sur les opérations de carte scolaire qui dans certains départements devraient déjà démarrer dès lundi. Même en "temps ordinaire" et en vertu du devoir de réserve, les opérations auraient démarré plus tard. Les conditions ne sont pas remplies pour permettre aux organisations syndicales représentatives, aux élu.es, aux parents d’élèves d’être sereinement concertés pour prendre les décisions d’affectations des moyens comme il se devrait.
  • L’accueil des enfants des personnels soignants nécessite clarté et donc un cadrage national. Les consignes varient encore selon les circonscriptions. Nos collègues sont nombreux à s’engager volontairement dans cette tâche mais réclament que le ministère fasse assurer la protection sanitaire élémentaire.
  • Une communication claire rappelant que, sauf absolue nécessité justifiée par l’organisation concrète de la continuité du service ou pour l’organisation de l’accueil des enfants de soignants, aucun personnel ne peut être sommé de déroger au confinement, même par le ministre dans les médias.
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