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Déclaration préalable à la CAPD du 14 novembre 2019

jeudi 14 novembre 2019

Ce début d’année scolaire fut difficile psychologiquement pour tous les enseignants avec le suicide de Christine Renon, directrice d’école à Pantin et celui de notre collègue de Chauny. A ce jour, le ministère annonce 11 suicides d’enseignant.es depuis la rentrée et 58 suicides d’enseignant.es l’année dernière. En plus du caractère inacceptable de la situation et la grande émotion qu’ils suscitent, ces actes posent aussi des questions sur les conditions de travail des enseignants. L’enquête menée par le ministère et destinée uniquement aux directeurs d’école est loin d’être satisfaisante. La souffrance au travail et les difficultés rencontrées ne sont pas liées seulement à une fonction. Le malaise est vécu par l’ensemble des enseignants, fourmis ouvrières du fonctionnement de l’école qu’il soit directeur ou adjoint. Il est malhonnête d’instrumentaliser le décès d’une directrice pour cautionner la création d’un statut hiérarchique. Cette réponse n’apporterait aucune garantie d’amélioration et pourrait davantage dégrader le bon fonctionnement de l’école tout en dédouanant les employeurs de leurs responsabilités. Le SNUipp-FSU revendique, au contraire, des moyens humains et financiers supplémentaires pour rompre l’isolement de l’enseignant dans sa classe face à ses difficultés quotidiennes : gestion de plusieurs niveaux, de la grande difficulté scolaire, d’élèves perturbateurs, des relations conflictuelles, des agressions, des injonctions ne faisant pas sens… La liste est longue et mène au surmenage quand elle ne conduit pas au drame. Nous déplorons d’ailleurs dans notre département, le manque d’AESH pour accompagner les élèves en situation de handicap et le manque cruel de places en ULIS et en SEGPA et qui laissent, enseignants sans formation et élèves, en difficultés. Les mauvaises conditions ne touchent pas uniquement les enseignants. La manière dont les AESH ont été affectés est à revoir. Certaines ont été informées de leur poste la veille et d’autres nommées très loin de leur domicile. Le SNUipp-FSU continue de dénoncer la mutualisation des AESH via les PIAL.

Quant à la réforme des retraites qui s’annonce, celle-ci n’a pas vocation à améliorer le moral des enseignant.es, qui après avoir consacré une vie entière aux futurs citoyens, se voit entre autre remercier par une pension amputée de quasi la moitié. Alors même que les dernières réformes des retraites ont déjà entraîné beaucoup d’injustices et d’inégalités dans la fonction publique, une nouvelle réforme se profile dans laquelle les enseignants du premier degré sont les grands perdants. La remise en cause de l’âge de départ avec la création d’un âge « d’équilibre » à 64 ans nie totalement la pénibilité de notre métier. La suppression du calcul de la pension sur les 6 derniers mois de la carrière en le remplaçant par un système individuel à points rend aléatoire le montant des pensions et pénalise durement les enseignants qui sont très mal rémunérés tout au long de leur carrière. Il est demandé aux générations d’enseignant.es du premier degré sédentaires de travailler 10 ans de plus que leurs pairs actifs pour une retraite à taux plein… Les enseignant.es du premier degré restent les seuls fonctionnaires à ne pouvoir partir à leur date anniversaire mais à effectuer l’année complète ! C’est pourquoi le SNUipp-FSU appelle unitairement à la grève et à une mobilisation massive le 5 décembre : cette réforme est très loin d’être équitable !

Le SNUipp-FSU s’inquiète fortement des conséquences de la loi de transformation de la fonction publique adoptée en août 2019. Comment l’administration peut-elle garantir la transparence dans les opérations de mouvement inter et intra-départementaux, de promotions, d’accès au temps partiel, aux disponibilités, au CFP, aux allègements de service … si les documents ne sont plus communiqués aux délégués du personnel élus, si ses derniers ne peuvent plus contrôler les barèmes, signaler des erreurs ou des incohérences, discuter de conditions particulières ? Comment peut-on ainsi garantir l’équité de traitement aux personnels ?

Concernant les évaluations nationales, le SNUipp-FSU reste opposé à des évaluations standardisées, obligatoires, chronométrées dont la longueur des exercices ou la complexité des consignes est très mal adaptée à de jeunes enfants. Il estime largement insuffisant le temps imparti à leur saisie. Il dénonce le contrôle envisagé par certaines circonscriptions pour leur passation : certains conseillers pédagogiques ont été envoyé.es pour vérifier la conformité de leur passation par rapport aux consignes ministérielles notamment au niveau du temps imparti… Comment, dans ce cas, parler encore d’école de la confiance ?

Le SNUipp-FSU dénonce également la pression mise sur les enseignant.es de CP et CE1 en éducation prioritaire : visites en classe, questionnaire à compléter, réunions en tout genre… Sur quel temps ? Ces enseignat.es doivent pouvoir travailler dans la sérénité et le SNUipp-FSU le répète : 100 % de réussite en CP, ce n’est pas réaliste… n’oublions pas les élèves en situation de handicap, allophones ou tout simplement pas prêts ?

Concernant le sujet de cette CAPD, Le SNUipp-FSU souligne l’effort qui est fait pour offrir plusieurs formations en candidatures individuelles. Des formations sont enfin proposées aux adjoint.es enseignants dans les classes, qui sont, tout de même, la grande majorité des enseignant.es du premier degré. Le SNUipp-FSU s’oppose également aux formations proposées pendant les vacances et rappelle que celles-ci doivent être obligatoirement annoncées et programmées dès l’ouverture du plan de formation. Il rappelle également qu’avec la mise en place du compte personnel de formation, celles-ci doivent être désormais rémunérées si elles se passent en dehors des temps de classe.

Le SNUipp-FSU demande que toutes les demandes de formation soient acceptées, y compris si les collègues ne rentrent pas forcément dans les critères retenus par l’administration (géographie ou public visé). Il demande également le remboursement immédiat des frais de déplacement des personnels, à hauteur des frais réellement engagés, les délais d’attente constatés étant parfois inadmissibles.

Ces formations restent néanmoins largement insuffisantes : on est encore loin des 20 heures annuelles pour toutes et tous) et pas forcément toujours en conformité avec les attentes des collègues.

Enfin, le SNUipp-FSU souhaite connaître le délai que l’éducation nationale va prendre pour donner suite aux propositions de la commission de réforme.

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