Retour accueil

Vous êtes actuellement : Action solidaire  / Ecole et Extrême Droite 


fontsizeup fontsizedown envoyer l'article par mail envoyer par mail

L’école et l’extrême droite

dimanche 25 mars 2018

Le dossier du du SNUipp FSU Aisne

Le SNUipp FSU 02 vous livre une analyse de certaines propositions du collectif Racine.

Le collectif Racine regroupe des enseignants du primaire et du secondaire , du public et du privé qui se sont engagés pour le « redressement de l’école » aux côtés de Marine Le Pen. Si le collectif Racine en tant que tel , leurs propositions sont toujours aux programmes de l’extrême droite.

Enseigner c’est un métier.

Transformer l’école pour lutter contre les inégalités scolaires et faire réussir tous les élèves exige des savoirs professionnels, didactiques et pédagogiques de haut niveau. Ce qui implique une formation initiale des enseignants de qualité, rôle dédié des Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education (ESPE).

Décryptage des propositions du collectif Racine.

PROPOSITION 68 : Supprimer les ESPE et les remplacer par les « Ecoles Normales Régionales » qui délivreront une formation d’excellence centrée sur l’apprentissage disciplinaire, proscrivant les prétendues « sciences de l’éducation », et n’occuperont, après obtention du concours du capes ou de l’agrégation, que la moitié du temps de service des enseignants stagiaires, l’autre moitié étant effectuée « en situation », le néo-enseignant bénéficiant constamment, dans ce cadre, des conseils d’un enseignant-tuteur.

Pour le SNUipp FSU , les ESPE doivent assurer une formation professionnelle garantissant une qualification élevée des enseignants, à tout moment de leur carrière et de façon égale sur tout le territoire, ce qui passe par un cadrage national. La formation professionnelle ne peut se résumer à la seule pédagogie du modèle. C’est pour ça que nous revendiquons une formation adossée à la recherche avec une collaboration plus grande entre les composantes universitaires et les ESPE, s’appuyant sur des équipes pluri-catégorielles de formateurs, dont les enseignants rattachés aux ESPE et les maîtres formateurs font partie.

PROPOSITION 69 : Supprimer les épreuves de mise en situation pédagogique, à la fois artificielles et idéologiques, des concours de recrutement, en recentrant l’ensemble des épreuves des concours sur les exigences et la maîtrise des savoirs disciplinaires

Pour le SNUipp FSU , on ne peut pas concevoir la formation initiale en excluant l’importance de la pédagogie dans la transmission des savoirs.

Retour au fonctionnaire-sujet ?

Dans les années 50, Michel Debré donnait sa définition : le fonctionnaire est un homme de silence, il sert, il travaille, il se tait. C’était la conception du fonctionnaire-sujet. Cette définition semble convenir au collectif Racine qui voit le fonctionnaire comme celui qui exécute les ordres donnés, quels qu’ils soient , et en sera récompensé .

PROPOSITION 93 : Mettre fin aux « rendez-vous de carrière » et revenir au principe de l’inspection, plus en adéquation avec les fondements du service public, qui doit devenir plus régulière, doit être de droit lorsque l’enseignant la demande, et doit davantage peser sur le déroulement de la carrière.

PROPOSITION 94 : Accroître l’incidence de la notation pédagogique décidée par l’inspection sur la progression de la carrière, en réduisant les effets de la péréquation, en individualisant davantage la notation, en maintenant trois rythmes d’avancement (« grand choix », « choix », « ancienneté »), et en donnant à l’inspection le pouvoir de contraindre à formation complémentaire.

Pour le SNUipp FSU , le protocole PPCR aboutit à des salaires revalorisés et de nouvelles carrières au déroulement moins inégalitaire que dans le processus précédent. Toutefois, le SNUipp-FSU continue de revendiquer un avancement à une véritable cadence unique comme d’autres corps de la Fonction publique. Le syndicat acte positivement la suppression de la note, qui n’était qu’un moyen de pilotage et ne garantissait en rien de la qualité de l’enseignement.

Directeur d’école, futur chef d’entreprise ?

L’enseignant en charge de la direction de l’école assume une fonction mais n’est en aucun cas notre supérieur hiérarchique. Or le collectif Racine veut « donner » au directeur d’école la « pleine responsabilité de conduire la politique pédagogique et éducative » de l ‘école. Et il devra « veiller au développement des partenariats avec le monde économique, social et culturel  » .

Pour le SNUipp FSU , dans ce cas de figure, les directeurs auraient tous les pouvoirs : celui de former son équipe, d’imposer les méthodes pédagogiques et les progressions. L’adjoint serait donc réduit à un simple exécutant infantilisé. Les relations entre collègues en seraient perverties et le travail en équipe dégradé.

Le mouvement ressemblerait à un grand marché où les directeurs piocheraient en fonction de leurs besoins. Où se trouve l’équité professionnel ? Comment serait pris en compte la disparité territoriale ?

L’inquiétude peut être réelle quand on sait qu’ils veulent accorder l’autonomie financière et administrative aux écoles de plus de 10 classes.

Le SNUipp-FSU refuse tout projet qui diviserait la profession en conférant à la direction un statut et un rôle hiérarchique relevant d’une conception managériale. La notion d’équipe doit être consolidée avec des moyens impartis. Cela passe par un allègement des tâches administratives, une augmentation conséquente des temps de décharges, la création d’emplois statutaires et pérennes de l’aide à la direction pour chaque école.

La nostalgie du bon vieux temps

Le collectif racine veut un retour en arrière d’un siècle en témoigne l’instauration du cours magistral à tous les niveaux et dans toutes les disciplines…. Imaginez-vous une heure de cours magistral sur la division euclidienne. Les exemples sont multiples…

On pourrait se laisser tenter par la nostalgie d’un bon vieux temps idéalisé de l’école unique, où les enfants auraient tous le même niveau scolaire, tous la même vie, tous le même passé, les mêmes fréquentations, les mêmes envies, le même avenir… mais l’extrême droite nie que ce n’est qu’un fantasme et que l’école a toujours du s’adapter aux élèves et aux évolutions sociétales.

A l’heure où l’ouverture vers les autres et l’ouverture vers le monde sont à la fois une clé de la réussite et une étape nécessaire pour former l’esprit du futur citoyen, le collectif Racine souhaite au contraire enfermer les élèves dans leur école en limitant leur esprit critique. Le collectif limite , oriente et conditionne les sorties et voyages scolaires…

On retrouve également les idées de l’extrême droite dans la demande faite aux enseignants de privilégier les textes issus de grandes œuvres littéraires françaises plutôt que d’autres ouvrages qui pourraient être dit « de jeunesse » et qui pourrait être en plus issus d’un auteur étranger ! un poil raciste non ?

Parlons des programmes. Le collectif Racine a une conception passéiste de l’enseignement de l’histoire qui ne construirait plus l’avenir en tirant des leçons du passé, mais deviendrait un vulgaire roman avec des héros nationaux qu’il faudrait pendre pour modèle.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

SNUipp-FSU 02- 4, rue Proudhon - 02700 Tergnier
- Tél. : 03 23 38 09 84
- mail : snu02@snuipp.fr

Pour nous trouver :


Agrandir le plan